Blanche-Neige

J’ai un rapport très particulier avec Blanche-Neige. Je ne l’aime pas. Voilà. C’est dit.

Il faut dire aussi que l’image que je me fais d’elle a été largement façonnée par la version de Disney : jeune et jolie niaise dont l’une des plus grandes joies consiste à réaliser de bons petits plats pour satisfaire son homme, pardon, ses nains, et garder la maison propre, et ce toujours dans la joie et la bonne humeur. On aurait pu sous-titrer : Bonniche et heureuse de l’être.
Je ne me rappelle plus l’âge exact que j’avais lorsque j’ai vu cette version pour la première fois, certainement entre 7 et 10 ans, mais déjà à cette époque, ce stéréotype me sortait par les yeux.

Et je ne parle même pas du concept affligeant du prince charmant, où le rôle de la femme consisterait à rêvasser indéfiniment de l’arrivée hypothétique d’un gugusse quelconque, tout en peaufinant avec entrain sa recette fétiche du je-ne-sais-pas-trop-quoi-et-puis-d’ailleurs-on-s’en-fiche, ou bien testant sans moins d’allégresse la dernière astuce à récurer les fonds de casseroles ou celle du Apprenez à repasser une chemise en moins de trois minutes et vous serez bonne à marier, compétence indispensable d’ailleurs, parce qu’un homme, c’est toujours pressé et qu’une épouse digne de ce nom se doit de s’assurer de la ponctualité de son mari (du reste, elle n’a guère plus important à faire, je me trompe ?)…

Avec une telle conception du personnage, aucune réconciliation n’était alors envisageable. Mais ça, c’était avant. Avant Benjamin Lacombe.

Cependant, ne vous méprenez pas, mes préjugés n’ont pas changé, je me suis simplement laissée charmer par l’atmosphère qui se dégage de ses illustrations. La délicatesse sans niaiserie de ses personnages. La douceur mêlée à la mélancolie qu’il arrive à traduire dans quasi tous ses sujets. Le mystère parfois morbide qui je trouve se marrie très bien à l’univers des contes.

Voici une nouvelle série de dessins que je compte développer : reproductions à partir d’œuvres d’artistes.

Ici je me suis munie de mes crayons de couleur (Fabercastell).

Je me suis bien amusée mais qu’est-ce que c’était long ! C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’hésite à revenir au crayon de couleur, mais passons.

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Et voici la version originale de Lacombe, tellement plus intense, tellement plus sombre… Mais bon, je suis là pour apprendre, alors !

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